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Bonne lecture!
Jeudi 18 mai 2006
C'était le sénario idéal, une vraie finale de League des Champions. Avec de vraies équipes qui ont chacune réalisé un parcours impecable dans la compétition tout au long de l'année. De vrais entraîneurs, deux grands monsieurs du ballon rond. De vrais joueurs qui jouent et aiment jouer au foot. De vrais supporters, capables de remplir un stade de France à eux-seul. Un stade de rêve justement, le bonheur à portée de main, pour nous Français (et Parisiens de surcroit!) et puis on peut encore y ajouter des conditions de jeu idéales, enfin au début de match en tout cas!

Sur le match, rien à dire. Un engagement réel des deux côtés, (ça change de la Ligue 1) même si on pouvait espérer d'avantage de buts et un Roni plus en forme. Mais de toute façon, ce n'est pas du match que je veux vous parler mais de l'ambiance qui règne dans de tels moments.

Y'a de l'électricité dans l'air!
A peine les joueurs rentrent-ils sur le terrain que déjà la tension se fait sentir, la musique que vous connaissez si vous suivez cette compétition, ne vous prend-elle pas au ventre, vous? Des tribunes de 40 000 personnes repeintes en jaune d'un côté, en bleu et rouge de l'autre, par la passion de milliers de supporters, tifos en main, capables de tout abandoner pour cette soirée, c'est une image simplement magnifique. Et il faut avoir déjà vécu une fois un évènement de ce genre pour ressentir à travers sa télé, l'électricité qui peut exister à un tel moment. L'entrée des joueurs sur le terrain ressemble à une explosion magnifique, de bruits et de couleurs qui ne peut que transcander les acteurs présents dans l'arène.

Buts tant attendus
Avez-vous déjà surpris, en arrière-plan d'un but, le visage des spectateurs du premier rang se transformer lorsque le but est au fond des filets ? En gros plan, un joueur, un Sol Campbell ou un Eto'o. Et derrière... derrière leur joie à eux, celle de leurs fans qui envahit la tribune Nord ou Sud, selon le buteur. Une sorte de crispation que se transforme en cri de guerre, cri de joie et enfin immense sourire en même temps que le corps se détend comme un ressort comprimé qui se libère enfin et se même à danser sur place.

Puyol, à bout de bras
La remise de la coupe, celle qu'on appele la "coupe aux grandes oreilles" est, là encore, un moment d'émotion intense. Les perdants passent devant et ne lui adressent pas un regard. Les gagnants l'embrassent sans la toucher des mains, privilège résevé au capitaine. Et il prend son temps, Carles Puyol. Il sait que c'est un petit bout d'éternité qu'il s'apprête à vivre maintenant. Il lui sourit et la prend dans ses bras, dans ses mains et enfin, enfin! la porte à bout de bras, au dessus de sa tête en hurlant de bonheur, au moment où retentit cette musique qui encore une fois prend au ventre (vous savez bien, la même qu'au début), et qu'explose un feu d'artifice de 1001 paillettes rouges et bleues.

Les supporters l'ont bien mérité, enfin la voilà cette coupe, brandie à tour de rôle par ce magnifique Barça. Des joueurs espagnols, portugais, français, brésiliens ou en encore norvégiens qui entonnent maintenant l'hymne catalan avec son public, d'une seule voix qui doit bien porter jusqu'à Barcelone.

La nuit ne fait que commencer..
Et puis c'est au tour des Champs-Elysées se teindre en bleu et rouge. Le match terminé et la coupe embarquée, les klaxons n'en finissent plus de donner de la voix. Et niveau voix justement, ce soir, c'est l'espagnol qui est langue officielle. Beaux joueurs, les supporters des Gunners qui tenaient la coupe jusqu'à la 81ème minute malgré un effectif réduit à 10 dès la 19ème minute, ces Gunners là, félicitent leurs adversaires et profitent, eux-aussi de l'agitation des Champs ce soir.

Un grand match s'achève et une longue nuit de fiesta commence pour ces Espagnols et Anglais, parisiens d'un soir. Alors oui, le football a évolué, oui, le football se perd avec l'argent mais hier soir, aucun autre évènement n'aurait pu faire vibrer autant de monde en même temps. Soyez-en certains, la simplicité et la fragilité du football nous promette, fort heureusement, encore de belles finales devant nous.

Le Mondial, c'est pour bienôt!

Par Melanie Gaussorgues - Publié dans : Derniers Résultats
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Mercredi 17 mai 2006
En France, les hommes politiques ont une fâcheuse tendance à critiquer l’Union européenne, qu’ils rendent coupable de tous les maux du pays. Pourtant il est un domaine où la France applique docilement toutes les directives européennes et dont elle a encore beaucoup à apprendre : celui de l’Environnement. Le 5 avril dernier, au Journal Officiel, les forêts de Compiègne, Laigne et Ourscamps, dans l’Oise, devenaient des zones « Natura 2000 ». Un dispositif européen qui permet de préserver les sites naturels importants des États membres. Une mise en œuvre gigantesque pour un travail de fourmi, sur le terrain. L’Europe s’invite à côté de chez vous, suivez le guide !

En général, quand on dit « Union Européenne », on entend « Ouh là ! ». Au fil du temps, les dirigeants européens, « là-bas, à Bruxelles », se sont éloignés de monsieur Tout-le-monde. Pourtant, ce matin là, un monsieur Tout-le-monde comme tous les autres, qui habite la paisible ville de Compiègne, en Picardie, a reçu une lettre l’invitant à participer aux débats qui, à terme, mettront en place une zone de protection de l’environnement dans sa belle forêt. Un projet européen, chez lui... A quoi ça peut bien ressembler ? D’habitude l’Europe, ce n’est jamais qu’à la télé...

"Natura", c’est quoi ?
Alors Monsieur Tout-le-monde se renseigne et il trouve. Natura 2000, c’est la réunion de deux directives européennes précédentes. L’une datant de 1979, dite directive « Oiseaux », qui mettait en place des zones de protection spéciales pour les oiseaux menacés de disparition. L’autre, dite « Habitats », date de 1992 et créait, là aussi, des zones protégées, cette fois pour les habitats naturels d’espèces en danger.
Protection. Oui, évidemment, Monsieur Tout-le-monde l’aime sa forêt mais il ne voudrait pas qu’elle devienne un paysage « sous cloche » juste parce que « l’Europe » l’a décidé !

Un réseau déjà bien rôdé Ce que Monsieur Tout-le-monde ignore, c’est qu’un peu partout en France, il existe déjà des zones protégées résultant des directives « Oiseaux » et « Habitats ». En fait, Natura 2000 réunifie simplement l’ensemble et permet, et c’est ce qui est le plus important, un immense inventaire de toutes les richesses du patrimoine français, et plus largement, du patrimoine européen. Inventaire qui n’existait pas auparavant et qui permet d’organiser la protection la plus adaptée. La France compte aujourd’hui environ 1500 sites classés Natura 2000 qui couvrent plus de 13 % du territoire. 13 % dont la biodiversité ne sera plus menacée...

Une idée fixe, agir en concertation Pour l’instant, c’est en tant que membre d’une association locale de protection de l’environnement que Monsieur tout-le-monde se retrouve à cette réunion, à côté de tous ceux qui agissent de près ou de loin sur la zone visée. Car s’il y a bien un maître-mot dans ce projet, c’est « concertation » : impliquer un maximum d’acteurs locaux afin d’obtenir une efficacité optimum.
Autour de l’ingénieur qui pilote le projet, les débats sont tendus mais les responsables ne désarment pas, ils accompagnent même leurs interlocuteurs sur site pour que la prise de conscience soit totale. Et dire que Monsieur Tout-le-monde n’avait jamais remarqué ces magnifiques scarabées ! Et pourtant, d’une espèce peu courante...

Lentement mais sûrement
Il faudra finalement plus d’un an de réunions sur le terrain, de démonstrations bottes aux pieds, pour que le périmètre définitif de la zone soit adopté. Et uniquement le périmètre !
Alors quand Monsieur Tout-le-monde voit écrit noir sur blanc que sa forêt intègre enfin le réseau Natura 2000 il y a quelques semaines, plus de trois ans après le lancement du projet, c’est comme s’il avait enfin accouché.
Pourtant Monsieur Tout-le-monde ne verra jamais la différence dans sa paisible forêt de Compiègne. Pas un panneau, pas une explication. Pour vivre heureux vivons cachés pourraient chanter les petits scarabées. Ne cherchez pas l’erreur, c’est une volonté délibérée.

Ah si, côté changement, il y a bien le voisin qui fauchera son champ plus tard que d’habitude pour permettre à la flore environnante de mieux se évelopper, mais ça, Monsieur Tout-le-monde n’y fera bientôt plus attention. Ce qu’il voit, c’est qu’avec l’Europe, sa forêt reste la même, la sienne, et que maintenant, tout le monde, il s’est engagé à la protéger...
Par Melanie Gaussorgues - Publié dans : En direct de E-Sens!
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Mercredi 17 mai 2006
Comme chaque année, le 15 mars sonne la fin de la trêve hivernale débutée quelques mois plus tôt, le 1er novembre. Les bailleurs vont de nouveau pouvoir reprendre les expulsions de locataires indésirables. L’association Droit Au Logement qui milite depuis 16 ans pour le relogement des expulsés et des mal-logés, a voulu le rappeler à l’esprit de tous en organisant samedi dernier une grande manifestation dans la capitale.

« L’urgence, c’est maintenant »
14h, place du Châtelet. Paris. Temps gris et températures hivernales. Un rythme régulier vient frapper les tympans à la sortie du métro. Un rythme entraînant, un rythme coloré. Un musique qui donne envie de danser. A peine le temps de lever la tête pour passer sous une banderole jaune tendue entre deux lampadaires : « L’urgence, c’est tout de suite ».
Le message est clair : l’urgence, c’est le 15 mars, quand la trêve hivernale se terminera et que recommenceront les expulsions locatives, alors que les températures négatives, elles, jouent les prolongations. Musique et banderoles symbolisent le point de départ de la manifestation où les mal-logés d’Ile-de-France sont venus revendiquer leurs droits aujourd’hui.

Enfants remplacent politiciens
Et s’ils sont tous venus un samedi après-midi, en plein cœur de Paris, par ce temps de chien, c’est que le jeu en valait la chandelle. C’est le DAL (l’association Droit Au Logement) qui est à l’origine de cette manifestation.
Pour Benoîte Bureau, l’une de ses militantes, ce rassemblement réclame d’abord des actions politiques : « Nous demandons des mesures efficaces pour lutter contre la crise du logement : la production massive de logements sociaux accessibles à tous, c’est-à-dire même aux plus pauvres, ce qui n’est pas la cas aujourd’hui. Mais en priorité nous exigeons l’application de la loi de réquisition qui permettrait de reloger beaucoup de monde, car il faut savoir qu’il existe actuellement plus de deux millions de logements vacants en France ! » Des chiffres aberrants qui ne perturbent pourtant pas les hommes politiques puisque qu’aucun n’a daigné participer à la manifestation qui commence à prendre forme. Faute de politiciens ce sont des enfants qui se préparent à défiler. Pas en première ligne mais juste derrière. Les anoraks zippés jusqu’au menton, ils répètent eux aussi leurs slogans : « On veut des logements, on n’est pas méchants ! » ou bien « Des maisons, pas des taudis ! » Les plus jeunes d’entre eux n’ont pas plus de 5 ans et c’est probablement leur première manifestation, en tout cas il faut le souhaiter. Ils accompagnent leurs mamans, leurs sœurs, leurs tantes.

Tout le monde dehors
3000 personnes présentes selon les organisateurs, 1000 selon la police, c’est peu lorsqu’on sait que 100 000 foyers sont concernés par de graves problèmes de logement en France chaque année et que 10 000 familles sont expulsées tous les ans, en dehors de la trêve hivernale.
Des expulsions qui laissent bien-sûr des traumatismes importants. Benoîte Bureau sait de quoi elle parle, elle aide toute l’année des gens à s’en sortir : « Pour une expulsion, les huissiers arrivent très tôt le matin et mettent tout le monde dehors puis font l’inventaire n’importe comment. Les déménageurs se servent au passage, ce qui fait que les personnes touchées subissent en premier lieu une perte de bien. Puis s’ensuit une période « d’errance urbaine » où les gens traînent de squats en hôtels miteux bourrés de maladies et perdent ainsi tous les repères qu’ils avaient avant. »

« Qui va payer ? »
Le cortège va bientôt partir. Un peu en retrait sur le trottoir, Mme Tiadé attend pour suivre le mouvement. Cette grande femme noire porte un boubou violet, des rajouts blonds et n’a pas envie de se faire remarquer. Elle est là parce qu’elle sera bientôt concernée par les expulsions mais « pas encore ». Mme Tiadé a 31 ans et 3 enfants. Elle habite un squat de 40 m² à Vitry-sur-Seine qu’elle paye 500 euros par mois mais probablement plus pour longtemps. Elle travaille pour payer ce toit à ses enfants, dont le plus jeune n’a qu’un an. Pourtant le propriétaire a décidé de vider l’appartement et elle n’a pas le choix.
Alors tout ce qu’elle demande, c’est un peu plus de temps : « Qu’on nous donne un délai supplémentaire. Le 15 c’est trop tôt. Ça ne changerai rien, je n’ai aucun espoir d’avoir un logement, mais au moins ça me laisse le temps de finir l’année scolaire avec ma fille. » Avoir une vie de famille presque normale, c’est tout. Elle est là parce qu’elle veut y croire, comme toutes celles qui sont ici aujourd’hui, même si elle, comme toutes les autres, a déjà prévu la suite. « J’irais à l’hôtel avec ma sœur. Enfin si je trouve de la place, parce qu’en ce moment je n’arrête pas d’appeler partout et tout est complet. Et puis c’est beaucoup trop cher l’hôtel. Qui va payer ? Qui va payer... ? » La question reste en suspens sur ses lèvres car elle n’a pas la réponse.

Touriste à l’année
Mme Tiadé regarde la foule avancer lentement au son d’un militant qui a pris le micro de la sono, là-bas sur le pick-up qui roule au pas. « ... pour tous ses gens qui sont morts dans l’indifférence, ses hommes, ses femmes, ses enfants, boulevard Vincent Auriol, et les autres... » . La manifestation prend la direction de l’Opéra. Sur une pancarte on peut lire « Je vis à l’hôtel et pourtant je ne suis pas touriste » A partir du 15 mars, date officielle de la fin de la trêve hivernale, tous les petits hôtels de Paris et d’ailleurs, vont à nouveau faire le plein de ses faux touristes. Pour combien de temps ?
Par Melanie Gaussorgues - Publié dans : En direct de E-Sens!
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